La taxe Zucman sera peut-être le sujet d’accord ou de discorde du futur gouvernement de Sébastien Lecornu. Le Premier ministre n’a pas encore nommé son équipe, mais réfléchit déjà à certaines orientations en vue de mettre en place un nouveau budget pour 2026. Suppressions des avantages à vie accordés aux Premiers ministres, pas de suppression de jours fériés, etc. Mais le sujet sur lequel il est le plus attendu sera certainement la taxe Zucman. Réclamée par la gauche, en particulier les socialistes, cette taxe sur les ultrariches semble être devenue un préambule à toute négociation.

Mais pour l’heure, le gouvernement ne veut pas la mettre en place. Interrogé ce mardi 16 septembre dans la matinale de TF1, le ministre démissionnaire chargé du Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, a réaffirmé son opposition à ladite taxe qui fait, selon lui, «fuir le capital». Soulignant que l’Etat n’avait «pas des investissements et de l'emploi dans en augmentant les impôts», Laurent Saint-Martin se dit persuadé que «les socialistes le comprennent».

Laurent Saint-Martin persuadé qu’un compromis est possible avec les socialistes

Toutefois, le ministre démissionnaire ne s’oppose pas totalement à une taxe sur les plus hauts revenus. «Avançons sur la fiscalité des hauts patrimoines», a-t-il laissé entendre, appelant à ne pas rester dans un «dogmatisme». S’il reconnaît que «l'écart de revenus et de patrimoine depuis les crises s'est aggravé», un dialogue est nécessaire, mais il doit être «exigeant et d'intérêt (…) avec le Parti socialiste». Un «compromis intelligent» est à trouver, et il faut «avancer sur les très hauts patrimoines», a-t-il martelé sur TF1.

Laurent Saint-Martin a rappelé que, dans cet ordre d’idée, il avait déjà proposé la contribution différenciée sur les hauts revenus, à savoir «empêcher l’optimisation fiscale sur les très hauts revenus». Pour lui, le compromis à trouver doit permettre de «corriger les inégalités», et c’est ce qui permettra à tout le monde de se «retrouver sur ce constat-là».

Laurent Saint-Martin a enfin mis en garde : «Il ne faut pas faire perdre l’attractivité de notre pays.» Avant de glisser un tacle non masqué à Eric Coquerel, le président de la commission des Finances de l’Assemblée nationale. «Les socialistes savent faire la différence entre la valorisation d’une entreprise et ses bénéfices.» Invité quasiment à la même heure sur les ondes de France Inter, Gabriel Zucman a défendu sa taxe visant à taxer 2% des patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros et remis en cause la non-taxation des ultra-riches, un problème central selon lui.