Jeudi 7 août, le Conseil constitutionnel a censuré l'article 2 de la loi Duplomb, qui autorisait de nouveau l'usage de l'acétamipride sous conditions. Ce néonicotinoïde, interdit depuis 2018, a été jugé incompatible avec la Charte de l'environnement de 2004. Une décision qualifiée de «politique» par Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA. «On a un président de la République qui s'était engagé à ce que demain on puisse produire en France comme partout en Europe. Aujourd'hui, ce produit est autorisé dans 26 pays sur 27. Ça crée des distorsions», a-t-il dénoncé sur TF1.

L'éleveur, également producteur de betteraves, alerte sur les conséquences économiques pour la filière sucrière. Selon lui, la jaunisse transmise par un puceron menace déjà : «La betterave aura moins de sucre et de rendement. On aura un problème de rentabilité de cette filière. A terme, on va arrêter cette production», craint-il. Pour lui, cette interdiction revient à «importer depuis d'autres pays européens» ce que la France se prive de produire, fragilisant encore des productions «plus qu'en danger».

Une contestation massive et une pétition signée plus de 2 millions de fois

Adoptée début juillet, la loi Duplomb avait déclenché un vif mouvement de protestation, matérialisé par une pétition dépassant les 2,1 millions de signatures. Luc Smessaert regrette que ce débat ait été «pollué» et que l'on ait «joué sur les peurs», sans prendre en compte les avis des agences française et européenne de sécurité sanitaire. Assurant que les agriculteurs français ne «mettront jamais en danger un Français», il appelle à renouer le dialogue avec le grand public pour «mieux expliquer comment on travaille» et éviter de «laisser les agriculteurs sans solution» face aux maladies ou aux insectes.

Le vice-président de la FNSEA insiste sur la nécessité de préserver la souveraineté alimentaire : «Ne déléguons pas notre alimentation à d'autres. N'importons pas ce qu'on nous interdit dans les champs», se lançant dans une charge contre «ces ayatollahs, ces extrémistes de l'environnement» accusés d’affaiblir l'agriculture française. Des insultes implicitement adressées aux écologistes, au premier rang desquels Marine Tondelier, secrétaire nationale d’Europe Ecologie Les Verts. Cette dernière a salué sur X «une grande victoire pour la santé et l'environnement», rappelant que «les Français ont dit non à ce retour en arrière, et ils ont été entendus».