
Les guerres qui secouent le monde, qu’elles soient armées ou commerciales, pourraient bien faire changer de fusil d’épaule à Mercedes-Benz. Dans une interview accordée au Wall Street Journal, rapportée par BFMTV, le président du directoire de Mercedes-Benz, Ola Källenius, explique ne pas exclure de diversifier les activités du groupe dans la défense : «Le monde est devenu plus imprévisible, et je pense qu'il est tout à fait clair que l'Europe doit renforcer son profil en matière de défense.» Il ajoute que «si (ils sont) en mesure de jouer un rôle positif dans ce domaine, (ils seraient) prêts à le faire».
Une déclaration qui est à remettre dans son contexte. Les États-Unis ont engagé un retrait dans leur implication pour la défense européenne. La France, seul pays de l’Union européenne à disposer de l’arme nucléaire depuis le Brexit, a commencé à esquisser une défense européenne, mais l’Allemagne souhaite aussi jouer un rôle. D’autant que la menace russe s’amplifie depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Alors, l’industrie de la défense allemande croît, notamment avec Rheinmetall.
L’industrie automobile mise à mal
Mais il n’y a pas que la guerre qui pousse les constructeurs automobiles allemands, comme Mercedes-Benz ou Volkswagen, à s’intéresser à l’industrie de la défense. Face aux droits de douane américains et à la concurrence chinoise, le marché de l’automobile est en berne. Les constructeurs envisagent donc de se diversifier dans ce marché en pleine expansion.
D’autant que, selon une porte-parole du groupe, Mercedes-Benz «fournit depuis de nombreuses années des châssis à des entreprises spécialisées qui les équipent et les commercialisent sous leur propre responsabilité et sous leur propre marque pour des applications militaires». Elle ajoute à l’AFP que leurs «activités dans le domaine de la sécurité et de la défense constituent un axe de développement stratégique (qu’ils continueront) à développer activement, en collaboration avec (leurs) partenaires».



















