La crise immobilière n’est pas terminée que les prix ne baissent déjà plus ! «La baisse des prix (en 2023 et 2024) est bel et bien enrayée», constate le portail d’annonces immobilières SeLoger, dans son étude mensuelle publiée ce mardi 1er avril. En mars, les prix des logements anciens dans les 50 plus grandes villes de France ont fait du surplace, après leur légère hausse de 0,1% en février. Ils affichent ainsi une augmentation de 0,3% depuis le début de l’année, par rapport au premier trimestre 2024. La tendance est identique tant pour les 10 principales villes du pays (+0,2%), dont la capitale (+0,7%), que pour les zones rurales (+1,1%). «Aucun segment du marché n’échappe à ce changement de tendance», résume SeLoger. Et de souligner «qu’il faut remonter à 2022, avant la hausse des taux de crédit immobilier (qui avaient flambé au-delà de 4% à l’automne 2023), pour voir tous les segments de marché dans le vert», sur le front des évolutions de prix.

Avec une hausse de 3,3%, Toulouse est la métropole qui voit ses prix remonter le plus fortement sur un an. A Lyon, ils progressent de près de 2%. Sur les 11 grandes métropoles françaises, seules Rennes, Bordeaux, Lille et Nantes affichent des prix en baisse, de 1%, 1,1%, 2,2% et 2,4%, respectivement, depuis le 1er janvier. «A titre de comparaison, elles étaient huit dans ce cas début avril 2024», rappelle SeLoger.

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Stabilisation des prix

Cette remontée des prix dans de nombreuses villes de France résulte de l’amorce de reprise des achats immobiliers, à la faveur de taux de crédit retombés aux alentours de 3%. «La demande a progressé de 14% à Paris et de 16% dans les 10 plus grandes villes de France», depuis le début de l’année, détaille SeLoger. Elle a même bondi de 27% à Toulouse, de 33% à Bordeaux et de 24% à Strasbourg. Nantes fait exception, avec une demande en baisse de 5%. Il faut dire qu’avec une envolée des prix de plus de 30% en 10 ans, «cette ville a connu l’une des plus importantes accélérations tarifaires de l’Hexagone. De quoi impacter le pouvoir d'achat des acquéreurs ! Même si les prix sont désormais en baisse de 6% sur un an, cette diminution n'est pas encore assez conséquente pour compenser la précédente hausse», explique SeLoger.

Le portail immobilier estime toutefois que «le dynamisme de la reprise reste à nuancer. Encore loin d’un cycle haussier, le marché est dans une phase de stabilisation des prix». Une opinion partagée par Jordan Frarier, président de Foncia Transaction, lors de son point de conjoncture de ce mardi : «Oui, j’ai l’impression, moi aussi, qu’on est sur une stabilisation des prix, à l’échelle nationale. Avec la possibilité de les voir augmenter de 4% à 5% dans certains secteurs, cette année, si les taux de crédit immobilier continuent à baisser ou n’augmentent que légèrement». «L’évolution (des prix) depuis janvier 2025, en hausse de 0,8%, suggère que la tendance baissière arrive à son terme», renchérit Yann Jéhanno, à la tête du réseau d'agences immobilières Laforêt.«Attention à ne pas remonter les prix trop vite», prévient leur confrère Xavier Belvaux, directeur général de We Invest France, qui observe déjà des hausses dans certaines régions, comme à Montpellier, hausses susceptibles de bloquer à nouveau le marché.

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