Après deux ans et demi d’une crise provoquée par la flambée des taux de crédit, le «printemps de l’immobilier», la traditionnelle saison des achats, sera-t-il enfin de retour en 2025 ? «Oui, et c’est un grand “oui”», sourit Xavier Belvaux, directeur général de la filiale française du groupe belge We Invest, spécialisé dans la vente et la location immobilière, invité du Grand rendez-vous de l’immobilier (Capital/Radio Immo) du vendredi 28 mars. Il en veut pour preuve le bond de 20% à 30% du nombre d’annonces de vente sur les portails spécialisés SeLoger, Bien’ici ou encore Leboncoin, depuis le début de l’année. «Un excellent indicateur», selon lui car cela signifie que les vendeurs reprennent confiance dans leur capacité à trouver des acquéreurs, grâce à la baisse des taux de crédit et des prix de l’immobilier. Xavier Belvaux n’exclut donc pas que l’année 2025 se solde par 900 000 transactions dans le logement ancien, contre moins de 800 000 en 2024 et…1,2 million en 2021.

A condition de «ne pas remonter les prix trop vite», prévient-il, observant déjà des hausses dans certaines régions, comme à Montpellier, susceptibles de bloquer à nouveau le marché. En effet, même si les taux de crédit immobilier ont baissé d’environ un point en l’espace d’un an, améliorant ainsi la solvabilité des acquéreurs, ils demeurent supérieurs à 3%. «Il va falloir s’habituer à ce niveau», estime le patron de We Invest France, qui voit mal comment les taux pourraient descendre plus bas, dans la mesure où ils sont en partie déterminés par le taux d’emprunt à 10 ans de la France, qui tutoie les 3,5%. C’est pourquoi il qualifie de «très positif» l’élargissement du prêt à taux zéro aux maisons individuelles neuves et à l’ensemble du territoire, à partir du 1er avril. Un coup de pouce au retour encore «timide» des primo-accédants sur le marché immobilier.

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Disparition des investisseurs locatifs

Les investisseurs locatifs, en revanche, «on ne les voit plus», regrette le dirigeant, invoquant l’arrêt de l’incitation fiscale Pinel, la suppression de l’une des niches fiscales de la location meublée non professionnelle et l’interdiction progressive de mise en location des passoires thermiques. «Ayant l’impression que l’Etat les considère comme des rentiers, ils se détournent de l’immobilier physique pour investir dans la pierre-papier, au travers des SCPI (sociétés civiles de placement immobilier), voire dans des cryptomonnaies», analyse-t-il.

Xavier Belvaux nourrit donc beaucoup d’espoir dans la mission parlementaire récemment lancée par le gouvernement pour plancher sur la création d’un statut fiscal du bailleur privé, à intégrer dans la loi de finances pour 2026. «C’est une très bonne nouvelle», juge-t-il, imaginant par exemple une incitation fiscale en contrepartie d’une bonne note énergétique du bien et d’un loyer plafonné.

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Votre rubrique «vos questions, nos réponses»

Comme chaque mois, les experts - notaires, avocats, agents immobiliers - de votre rubrique «vos questions, nos réponses» répondent à vos interrogations. Ce mois-ci, Elodie Frémont, notaire, se penche sur le cas d’un particulier qui songe à acheter une passoire thermique notée E sur le diagnostic de performance énergétique (DPE) et se demande quel risque cet investissement représente. Emmanuelle Lefèvre, avocate, répond à un copropriétaire qui se demande s’il est bien normal que le syndic lui demande d’avancer de l’argent pour couvrir les impayés de charges d’autres copropriétaires. Enfin, Jean-Luc Brulard, agent immobilier, dresse la liste des risques encourus par un vendeur qui accepterait que l’acheteur amène une partie de ses biens dans le logement avant la signature de l’acte d’achat authentique.