Tout travail mérite salaire… et tout congé payé qui n’est pas pris mérite dédommagement ! Mossadek Ageli a travaillé pendant 25 ans dans la même entreprise, spécialisée en gestion immobilière, sans pouvoir prendre le moindre jour de congé. Il a accumulé plus de 820 jours de congés annuels avant d’être licencié en 2024 pour faute grave, deux années après un changement de conseil d’administration…

Mais revenons au début de cette histoire, racontée par The Telegraph. Elle débute en 1987, lorsque Mossadek Ageli rejoint Sabtina Ltd. D’abord directeur général adjoint, il va être nommé directeur commercial. Dans son contrat de travail, il est prévu 30 jours de congés par an. Cependant, entre 1987 et 1989, Mossadek n'en prend aucun car lui et son assistant sont les seuls employés à temps plein de l'entreprise. Puis, jusqu'en 1996, la direction lui refuse 200 jours de congé. Il réalise ainsi que ces congés vont être perdus et commence à tenir un registre pour les comptabiliser.

Un accord signé avec son directeur général

Une décision va tout changer et jouer en sa faveur. Mais il faudra encore patienter quelques années pour obtenir un résultat : «Lorsque les difficultés à prendre des congés sont devenues quasi systématiques, j'ai écrit au directeur général non-résident qui était également directeur général de la société mère en Libye. J'ai demandé à être indemnisé pour les congés non pris. Le directeur général a accepté et a signé un document d'accord», explique-t-il lors de l'audience au tribunal.

Entre 2001 et 2004, comme si la roue tournait enfin en sa faveur, il perçoit 15.000 livres en compensation de ses congés payés. Mais les années suivantes, même combat. Ses congés non-pris continuent de s'accumuler à travers l'accord qui prévoit que la somme soit reportée d’une année sur l’autre, jusqu’à l’année 2024 où il est fichu dehors. La direction l'informe alors qu’il ne serait pas payé pour les 827 jours de congés payés accumulés depuis 1998.

C’est alors qu’il décide de saisir la justice. Et vous connaissez déjà la suite : le tribunal estime qu'il avait été victime de mauvais traitements en raison du non-versement de ses congés payés, ordonnant à l'employeur de verser l'intégralité des congés payés dus, ainsi qu'une indemnité de 91.490 livres pour licenciement abusif et une indemnité forfaitaire. Le total de la note se porte à 392.000 livres, soit 460 000 euros. Jackpot !