
Chaque 1er mai, la Fête du travail est synonyme de journée chômée pour les travailleurs français. Pourtant, certains aimeraient que cela change. Selon La Tribune, une proposition de loi sera examinée par l’Assemblée nationale ce vendredi 10 avril, afin de «permettre aux salariés de certains établissements et services de travailler le 1er mai». Ce texte - déjà adopté par le Sénat - prévoit que les commerces de bouche de proximité tels que les boucheries, les boulangeries et les pâtisseries, ainsi que les théâtres, cinémas et fleuristes, puissent exercer leur activité pendant la Fête du travail avec une rémunération majorée pour les salariés volontaires.
«Cette proposition de loi a été défendue sous couvert d’une prétendue insécurité juridique, alors même que les sanctions prononcées chaque année sont quasiment inexistantes», dénoncent dans un communiqué commun les syndicats (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC, CFTC, l’Unsa, Solidaires et FSU). L’ouverture de la dérogation au principe du repos rémunéré le 1er mai constitue une première brèche, remettant en cause l’exceptionnalité de cette journée», alertent-ils.
Les travailleurs très favorables à travailler le 1er mai
Un rejet des syndicats que Michel Picon, président de l’Union des entreprises de proximité (U2P), comprend. Mais selon lui, cette loi n’est plus en accord avec la société actuelle. « Ils sont dans leur rôle, mais au vu de la situation du pays nous ne pouvons pas rester sclérosés à cause de textes qui ne sont plus adaptés aujourd’hui, affirme Michel Picon, président de l’U2P. Ce débat est lunaire ! Il faut arrêter d’empêcher les gens de travailler et mettre fin à un excès de zèle de certains inspecteurs du travail.»
Et à en croire les chiffres, la tendance donne raison au dirigeant de l’U2P. Un sondage d’OpinionWay pour la CPME, dévoilé en exclusivité par La Tribune Dimanche, révèle que 73,7% des sondés sont favorables à «travailler le 1er mai dans les commerces de proximité, avec une rémunération doublée».
Fait plus surprenant : toutes les catégories d’âge valident largement cette idée. Plus de trois quarts des 25-34 ans sont prêts à le faire (75,9%), tout comme 75,4% des 35-49 ans. Il en va de même pour les 50-64 ans (73,6%) et les 65 ans et plus (73,4%). Les 18-24 ans ferment la marche avec une approbation à 67,5%.
Le projet de loi soutenu par toutes les catégories sociales
Aucune division n’est répertoriée parmi les catégories sociales. Les catégories socioprofessionnelles les plus favorisées (CSP+ - chefs d’entreprise, cadres, ingénieurs, chercheurs) sont favorables au travail le 1er mai à 73,7% contre 71,2% pour les CSP-. «C’est le combat des entreprises pour avoir le droit d’exercer leur activité, c’est le combat des salariés pour travailler et gagner plus et c’est le combat des Français pour avoir le droit de consommer», défend Amir Reza-Tofighi, le président de la CPME.
Concernant le texte de loi, les artisans, commerçants et chefs d’entreprise le soutiennent à 85,1%, les actifs à 73,6%, et les chômeurs à 83,6%. Des chiffres que le président du syndicat des petites et moyennes entreprises espère suffisants pour convaincre les députés. «C’est rare, en ce moment, une mesure qui suscite l’adhésion majoritaire des Français», plaisante-t-il, avant d’ajouter : «Nous voulons réparer une injustice. Est-il normal de tolérer la vente de muguet à la sauvette et d’empêcher les fleuristes de travailler ?»



















