Les distributeurs grossissent-ils leurs marges ? C’est souvent le reproche qui leur est fait, que ce soit au niveau des carburants ou en rayons. Dernièrement, aussi bien l’UFC-Que Choisir qu’un rapport sénatorial ont mis en exergue leur tendance à surmarger, «81% sur le bio», par exemple, dénonçait l’association de consommateurs. «Très margés ça ne veut pas dire qu’ils sont très chers payés à l’agriculteur», dénonçait de son côté la sénatrice Antoinette Guhl, rapporteure de la commission d’enquête. Mais très rapidement, les distributeurs se sont défendus.

Si Thierry Cotillard (Intermarché) s’est dit «serein», car «il y a une stabilité et on n’a pas eu d’abus», ce lundi 15 juin sur CNews, Michel-Edouard Leclerc a été plus véhément : «En France, les élites n'aiment pas le commerce.» Pour se défendre, le PDG du groupement éponyme a même formulé des propositions. Favorable à «ce que l'on mette en place des filières entières», il a rappelé que sur l’agroalimentaire, «on s’est fait tailler des croupières par les Italiens et les Espagnols».

Le Nutri-Score sur tous les produits ?

Comment agir pour que cela ne se reproduise plus ? «On propose que l’on soit associé à toutes les décisions qualitatives, que tous les industriels soient obligés de mettre l'origine de leurs produits», sur l’étiquette «pour voir qui joue la préférence nationale», a-t-il lancé sur CNews, accusant à certains égards les industriels de manque de transparence. «Moi, je ne sais pas (ce que je mange, ndlr) quand j’achète du lait Nestlé, des produits dans les grandes multinationales…» Et de poursuivre : «Je veux savoir si je paie le cochon espagnol ou le cochon français quand j’achète un sandwich Sodebo ou Fleury Michon.»

Autre proposition : mettre le Nutri-Score sur tous les produits. «Après, les consommateurs font ce qu’ils veulent…», a-t-il lancé avec un sourire. Dernière proposition de Michel-Edouard Leclerc : «Mettre en suspens toutes les dispositions qui n’ont rien à voir avec les lois agricoles.» Pourquoi ? Parce qu’elles interdisent au patron de grande distribution de «vendre des couches moins chères» ou de «prendre des marges sur le Schweppes, le Coca-Cola, le thé, le café qu’on ne produit pas en France».

Le patron du groupement Leclerc souhaite ainsi que l’on donne «la possibilité de revaloriser le produit agricole français tout en permettant aux distributeurs de se concurrencer dans la loi de manière légale afin d’offrir des prix moins chers». Quelques minutes plus tôt, Michel-Edouard Leclerc n’avait pas «exclu» de se présenter à la présidentielle même s’il dit rester concentré sur son activité. Un véritable serpent de mer !