A l’image des prix des carburants ou encore de l’inflation, les produits alimentaires ont augmenté au mois d’avril. Selon l’Insee, les prix à la consommation ont flambé de 2,2% le mois dernier, mais en rayons, la hausse peut paraître parfois encore plus importante. En effet, comme le souligne BFM Business en s’appuyant sur les chiffres du cabinet NielsenIQ, les prix de la viande ont augmenté de 16% en un an au mois d’avril. Ce n’est pas le seul produit alimentaire concerné puisque le café a pris 7% et le chocolat, 5,5%.

Cela fait plusieurs mois que ce type d’aliments augmente, et début mai, l’indice mondial des prix alimentaires des Nations Unies, le Food and Agriculture Organisation, tirait déjà la sonnette d’alarme avec une augmentation globale des prix de 1,6% en un an. Pour l’organisme, la guerre au Moyen-Orient, les tensions énergétiques et le blocage des perturbations au détroit d’Ormuz étaient les principales raisons. Mais en réalité, la guerre menée au Moyen-Orient ne serait qu’un prétexte, puisque les négociations commerciales entre distributeurs et industriels ont été finalisées le jour du début du conflit.

Des hausses d’ici 3 à 9 mois

Un paramètre qui peut paraître encore plus inquiétant, car les tarifs actuels ne prennent pas encore en compte la flambée des coûts de l’énergie. Or, ceux-ci vont avoir des répercussions, met en garde sur BFM Frédéric Boublil, consultant en commerce et consommation : «Se préparent déjà chez les industriels de l’alimentaire des tentatives de renégocier les tarifs avec la distribution pour répercuter la hausse du coût de l’énergie dans les prix», souligne-t-il.

Le spécialiste évoque de potentielles hausses sur de nombreux produits dans les «trois à neuf mois», le tout lié «au prix de revient des produits à cause du renchérissement du prix du pétrole». Des augmentations qui concerneront aussi bien le transport, l’énergie que les emballages. Un constat déjà fait fin avril par Michel-Edouard Leclerc : «Aujourd’hui, tout ce qui est vendu dans les magasins a été acheté avant le conflit», rappelait-il.

Les produits agricoles bientôt plus chers ?

Or, avec la guerre au Moyen-Orient, «il y a des droits de réajuster», et donc, les nouveaux coûts sont intégrés donc «il y aura des hausses», alertait-il. Une hausse qui devrait en cacher une autre. D’ici un an, les produits issus des récoltes agricoles devraient aussi augmenter, car les rendements devraient être moins importants, la faute à la flambée du prix des engrais. Autant de mauvaises nouvelles à venir pour le porte-monnaie des Français.