
Alors que le Salon de l’Agriculture s’achève ce dimanche 1er mars, une décision va alimenter les discussions et risque de raviver la grogne. Malgré les réticences de plusieurs députés européens, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé ce vendredi 27 février que l’UE allait appliquer de manière provisoire l’accord commercial controversé avec les pays du Mercosur, en dépit des réserves de la France. «Au cours des dernières semaines, j’ai échangé sur cette question de manière approfondie avec les Etats membres et les élus du Parlement européen. Sur cette base, la Commission va désormais procéder à l’application provisoire», a déclaré Ursula von der Leyen lors d’une brève intervention devant la presse, rapporte Le Parisien.
Signé mi-janvier, le traité entre l’UE et le Mercosur - regroupant l’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay - crée l’une des plus grandes zones de libre-échange au monde. L’accord vise à faciliter l’exportation de voitures, machines, vins et spiritueux européens vers l’Amérique latine, tout en ouvrant le marché européen à la viande bovine, volailles, sucre, riz, miel et soja sud-américains.
La FNSEA dénonce «un déni de démocratie»
Les critiques soulignent le risque d’une arrivée de produits moins respectueux des normes environnementales et sociales de l’UE et d’une concurrence basée sur le prix, au détriment des producteurs européens. L’application du traité avait été suspendue le 21 janvier après que des eurodéputés ont saisi la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) pour vérifier la conformité du texte avec les traités européens.
La procédure devrait durer plusieurs mois, mais la Commission pouvait activer l’accord de manière temporaire si certains pays le ratifiaient rapidement. L’Argentine et l’Uruguay ayant donné leur aval jeudi, Ursula von der Leyen a pu déclencher la mise en œuvre provisoire. «S’ils sont prêts, nous sommes prêts», a-t-elle ajouté.
Cette décision a immédiatement provoqué la colère de la FNSEA. Son président, Arnaud Rousseau, a dénoncé «un déni de démocratie» et accusé la présidente de la Commission de «s’asseoir sur le Parlement et sur Cour de justice de l’Union européenne». Il a appelé le président de la République Emmanuel Macron à «réagir fortement à cette décision».



















