
Annoncé en octobre dernier, le rapprochement d’Airbus, de Thales et de Leonardo pourrait subir un coup d’arrêt. En effet, le projet de consolidation des activités satellitaires des trois groupes aéronautiques et de défense au sein d’une entité commune est mis à mal par la volonté du fabricant allemand OHB, l’un des derniers acteurs indépendants du secteur en Europe, de contester en justice l’opération baptisée «Projet Bromo» si celle-ci était validée par les autorités européennes de la concurrence.
Ce projet de rapprochement a pour but de créer un champion européen capable de rivaliser avec SpaceX et les grands concurrents chinois sur un marché en recomposition rapide. Mais cette consolidation suscite des interrogations chez OHB. «Nous exprimons nos inquiétudes car cela a un impact sur notre chaîne d’approvisionnement», a confié à Reuters Marco Fuchs, le directeur général de l’entreprise située à Brême, en Allemagne. Il n’a d’ailleurs pas hésité à qualifier cette possible fusion de «perturbation du marché».
Vers une refonte du secteur spatial européen
Le dirigeant va même plus loin puisque OHB envisagerait de contester juridiquement cette décision si la Commission européenne autorisait l’accord, comme l’a annoncé Marco Fuchs. Bruxelles devra d’abord déterminer si cette fusion risque ou non de réduire excessivement la concurrence sur le marché européen des satellites. Aujourd’hui, l’industrie spatiale représente un enjeu stratégique majeur pour l’Europe, aussi bien dans les domaines civils que militaires.
Selon les spécialistes, ce projet pourrait redessiner l’organisation du secteur spatial européen dans les prochaines années. Ce jeudi 7 mai, OHB a fait état d'une augmentation de 18 % de son chiffre d'affaires trimestriel, avec un carnet de commandes en hausse de 45 %. Sa capitalisation boursière a même été multipliée par cinq environ en un an, pour atteindre près de 5 milliards d’euros.



















