Quelque 60 000 logements neufs réservés chaque année par des investisseurs avant le Covid. Moins de 10 000 en 2025. Vous l’aurez compris, le marché immobilier neuf français est à l’arrêt, les promoteurs, en difficulté. Pour remettre de l’huile dans le moteur, la loi de finances 2026 a accouché d’un nouveau dispositif, la Relance logement - dit «Jeanbrun», du nom du ministre de tutelle -, un nouveau statut du bailleur privé, centré sur le neuf et la rénovation lourde. Séduisant sur le papier, très attendu par les professionnels, l’équation est plus complexe qu’il n’y paraît.

Il faut remonter à 2022 pour comprendre l’urgence. Durcissement fiscal, encadrement des loyers dans les grandes villes comme Paris ou Lyon, obligations énergétiques : les contraintes s’empilent, les investisseurs décrochent.

Quand le «Pinel» s’éteint fin 2024, c’est le dernier soutien qui saute. Au premier trimestre 2025, les ventes aux investisseurs chutent de 41% (source : FPI). «Les investisseurs ne demandent pas de cadeaux fiscaux, mais de la visibilité», résume Pierre-Emmanuel Jus, directeur délégué de Maslow.immo. C’est ce que le Jeanbrun ambitionne d’offrir.

Certes, d’autres dispositifs existent déjà pour l’investissement locatif dans l’ancien. Le «dispositif Denormandie» offre une réduction d’impôt calculée sur le prix d’acquisition, mais il est réservé à certaines zones géographiques, exige 25% de travaux et se contente d’un DPE E en sortie. Loc’Avantages, lui, propose une réduction d’impôt en échange de loyers conventionnés par l'Anah (Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat), sans obligation de travaux, mais avec des contraintes pesantes.

Le Jeanbrun joue sur un tout autre registre : ni réduction d’impôt ni conventionnement Anah, mais un amortissement déductible des revenus fonciers, applicable sur tout le territoire, aussi bien dans le neuf que dans de l’ancien lourdement rénové. Et surtout, un déficit imputable sur le revenu global. Trois dispositifs, trois logiques : défiscalisation directe, conventionnement social ou stratégie patrimoniale. Le Jeanbrun assume clairement la troisième. Ces dispositifs ne sont d’ailleurs pas cumulables sur un même bien. Pour choisir en connaissance de cause, voici les éléments à avoir en tête.

Un changement de philosophie fiscale

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