Les règles sur les ruptures conventionnelles vont-elles bientôt être durcies ? C’est ce que souhaite le gouvernement, alors que chaque année, elles coûtent à l’Unédic des milliards d’euros, plus de 9,4 milliards en 2024. Si le gouvernement réclame au moins 400 millions d’euros d’économies, patronat et syndicat ont jusqu’à ce mercredi 25 février pour trouver un accord, mais les discussions risquent d’être tendues. Interrogée sur le sujet des ruptures conventionnelles ce mercredi matin sur TF1, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, dit déjà «avoir du mal à comprendre le sens de la situation actuelle».

Citant les plans de licenciement «qui s’enchaînent», le dernier en date étant celui de Seb, Sophie Binet a déploré que le gouvernement et le patronat demandent «encore de faire des économies sur le dos des privés d’emploi», c’est «juste scandaleux», s’est-elle agacée. Selon elle, depuis 2017, les «réformes régressives» se sont enchaînées et «il n’y a jamais eu de réforme d’une telle violence sur le dos des privés d’emploi».

Des droits qui ont diminué de 25% depuis 2017 ?

Si la leader de la CGT estime que «les droits ont diminué de 25%», quelque chose d’«inédit dans l’histoire sociale», son syndicat a fait des propositions pour trouver de nouvelles recettes pour l’assurance chômage : «Si les ruptures conventionnelles posent problème, il faut taxer les entreprises qui abusent des ruptures conventionnelles», a-t-elle lancé sur TF1.

Et pour éviter que l’assurance chômage soit en déficit, il faut que «l’Etat arrête de prendre les comptes de l’assurance chômage et les cotisations pour son argent de poche», a-t-elle fustigé. Elle a par ailleurs qualifié d’«inacceptable» la ponction de six milliards d’euros sur les comptes de l’Assurance-chômage en 2026, estimant que l’Etat «se sert de l’argent de nos cotisations pour baisser les droits des privés d’emploi».

Un accord sera-t-il trouvé avant ce mercredi soir ? Rien n’est moins sûr. De son côté, le patronat propose de réduire la durée d’indemnisation après une rupture conventionnelle. Ainsi, les allocataires de moins de 55 ans pourraient percevoir leurs allocations pendant quinze mois, et les plus de 55 ans pendant 20,5 mois. Actuellement, les premiers peuvent les percevoir dix-huit mois et jusqu’à vingt-sept mois pour les plus de 57 ans.