
Les débats s’annonçaient longs, houleux même, à l’Assemblée nationale ce vendredi 10 avril au moment d’aborder la très clivante proposition de loi permettant à certains commerces de rester ouverts le 1er mai. Portée par les sénateurs centristes et soutenue par le gouvernement, elle vise à «permettre aux salariés de certains établissements et de services de travailler», en particulier «des commerces de bouche de proximité». Il s’agit des boulangeries, fleuristes, boucheries, pâtisseries ou encore des établissements culturels. Mais elle exclut la grande distribution ou les magasins d’outillage et de travaux.
Même si les salariés «volontaires» seront payés double et auront le droit de refuser, sans que cela ne «constitue une faute ou un motif de licenciement», la gauche s’y oppose formellement. Alors, face au blocage attendu, les députés centristes ont pris une décision radicale, rapporte LCP : ils ont fait adopter une motion de rejet du texte. Non pas pour abandonner mais pour éviter «l'obstruction parlementaire rendant impossible l'examen de ce texte dans un délai raisonnable», a mis en avant la députée Nicole Dubré-Chirat (EPR).
«Passage en force», «manœuvre dilatoire» pour la gauche
Résultat, la motion de rejet a été adoptée ce vendredi matin, à 120 voix contre 105 grâce aux voix du bloc central (sauf Les Démocrates), de la droite et de l'extrême droite. Conséquence, voulue par les porteurs de la motion, le texte va partir en commission mixte paritaire (CMP). Le but, clairement mis en avant par le groupe de Gabriel Attal, étant de permettre une adoption avant le 1er mai prochain. Evidemment, comme le souligne LCP, la gauche s’est inscrite en faux contre cette procédure, le président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale dénonçant un «passage en force».
Boris Vallaud a également fustigé «une manœuvre dilatoire qui consiste à contourner l'Assemblée nationale», quand le député Gauche démocrate et républicaine, Stéphane Peu, a parlé de «négation du Parlement». De son côté, l’Ecologiste Cyrielle Chatelain a parlé de «49.3 du groupe macroniste». Enfin, par l’intermédiaire de Hadrien Clouet, la France insoumise a déploré des «coups de force parlementaire». La réponse du bloc central ne s’est pas fait attendre, malgré la Marseillaise et L’Internationale entonnées dans l’hémicycle.
La commission mixte paritaire prévue le 14 avril
Pour la députée Sylvie Bonnet, la gauche a «lancé un concours Lépine de l'obstruction», quand sa collègue Nicole Dubré-Chirat a déploré une obstruction «qui n’a aucun sens pour la fonction de député». Le ministre du Travail l’avait répété : l’objectif est de faire entrer en vigueur cette loi avant le 1er mai 2026. «Nous ne souhaitons pas revenir sur l’acquis du 1er-Mai, chômé pour l’immense majorité des salariés de notre pays», a-t-il assuré. Le texte part désormais en CMP qui devrait avoir lieu le 14 avril, selon LCP. Si accord il y a, il sera soumis au vote à l’Assemblée puis au Sénat.




















