Sa prise de parole est très attendue. Mais sera-t-elle porteuse de bonnes nouvelles pour des millions de Français ? Le 21 avril dernier, le Premier ministre avait pris la parole dans un contexte de flambée des prix des carburants à cause de la guerre au Moyen-Orient afin d’annoncer des dispositifs d’accompagnement pour les secteurs les plus touchés dans le pays. «Gros rouleurs», agriculteurs, pêcheurs, travailleurs du BTP… Sébastien Lecornu avait insisté sur la nécessité «de n'abandonner personne». Un mois après, qu’en est-il alors que les prix de l’essence sont à leur plus haut ?

Sébastien Lecornu prend la parole ce jeudi 21 mai aux alentours de 17 heures. Fera-t-il des annonces importantes ? Pour l’heure, Matignon a seulement indiqué que ces annonces viseraient à «protéger les Français qui travaillent et les secteurs économiques les plus touchés des effets de la hausse des prix du pétrole et des produits dérivés». Comme le rappelle RMC, si le Premier ministre a promis de «changer d’échelle», il a d’ores et déjà exclu de généraliser les aides, donc il ne faut pas s’attendre à des annonces fracassantes.

Des aides ciblées et temporaires

Selon l’entourage de Sébastien Lecornu, les nouvelles aides devraient être très ciblées et surtout temporaires. Il ne devrait donc y avoir de baisse de taxes. En plus du BTP, des agriculteurs et des pêcheurs, des secteurs particulièrement exposés pourraient ainsi être inclus, à l’image des soignants dont la voiture est un outil de travail indispensable. «On n'abandonnera personne», a martelé le locataire de Matignon qui doit faire face à une autre équation de taille : «trouver un juste équilibre entre soutien au pouvoir d’achat et respect des finances publiques», a rappelé la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.

C’est d’ailleurs tout le gouvernement qui s’est mis en ordre de marche pour rappeler que l’Etat ne dépenserait pas sans compter. «Un euro dépensé» pour soutenir les secteurs, c’est «un euro économisé ailleurs», avait prévenu de son côté le ministre des Comptes publics David Amiel. Sébastien Lecornu a enfin rappelé que la chute de la consommation de carburants sur les premiers jours de mai avait effacé le surplus de recettes fiscales.

Il ne devrait donc pas y avoir non plus de blocage des carburants comme le réclame l’opposition. Parmi les autres pistes évoquées : des aides pour les entreprises. Touchée par une inflation des matières premières, l’industrie du plastique ou de la chimie pourrait être soutenue. D’autant que beaucoup craignent de faire les frais des 6 milliards d’euros d’économies prévues, lié au coût de la guerre. Raison pour laquelle un retour de la prime Macron a été récemment évoqué.