Même si le conjoint n’est pas un «oublié» de la succession, comme le sont le concubin et le pacsé, la part d’héritage qui va lui revenir de droit risque d’être considérablement réduite en présence d’enfants, surtout s’ils sont nés d’un autre lit. Pour lui garantir un train de vie suffisant, heureusement, les moyens ne manquent pas. Il y a d’abord la donation au dernier vivant, acte notarié qui permet de léguer à l’autre une partie de ses biens personnels, cela hors impôts puisque le législateur a posé comme principe que les époux héritent gratuitement l’un de l’autre.

Une autre solution fiscalement indolore consiste à aménager son contrat de mariage ou, pour une sécurité maximale, à changer de régime matrimonial et à opter pour celui de la communauté dite «universelle». L’assurance vie est également un instrument très efficace, à tel point qu’il doit être manié avec précaution pour ne pas que ses héritiers se sentent lésés et exigent de ce fait d’être dédommagés.

Donation au dernier vivant : pas de taxe pour cette largesse prenant effet au décès

Peu coûteuse (moins de 150 euros de frais de notaire), très rapide à faire et non taxable, cette formule, parfois appelée «donation entre époux», permet d’augmenter la part d’héritage à laquelle le conjoint a droit (elle prend effet au décès du donateur). Un acte intéressant pour les époux ayant des enfants, ces derniers étant toujours avantagés si aucune disposition n’a été prise.

Trois options sont proposées au survivant : recueillir soit l’usufruit de la succession (possibilité déjà prévue sans donation entre époux), soit un quart de la succession en toute propriété plus les trois quarts de l’usufruit, soit la pleine propriété de la quotité disponible, qui varie selon le nombre d’enfants (lire le tableau ci-dessous). L’option «tout usufruit» est conseillée aux époux qui commencent à être âgés (plus de 60 ans), car elle permet au survivant, même s’il bénéficie déjà d’un droit d’occupation du logement du couple, d’en obtenir le plein usage, par exemple le mettre en location afin d’arrondir ses revenus. Quant à l’option «quotité disponible», elle est à éviter lorsque le nombre d’enfants est élevé (car cette quotité s’en trouve réduite).

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